(Montpellier, le 7 septembre 2006) :

Peter est né le 4 janvier 1959 dans une petite ville au centre de la Suède appelée Strömsund mais il vit dans une ville à une heure de son lieu de naissance Östersund. Il a commencé à jouer au hockey à l’age de 6 ans et a continué jusqu’à l’age de 31 ans où il jouait comme défenseur. Son équipe jouait alors dans l’équivalent de la division 1 suédoise actuelle. A ce propos, il faut rappeler que le niveau de la division 1 suédoise est supérieur à la division 1 française. La division 1 suédoise compte 65 équipes. Pour plus d’informations sur le hockey suédois vous pouvez vous rendre ICI (en anglais). A partir de 32 ans, il a commencé sa carrière d’entraîneur.
Quand il était enfant, son joueur fétiche était Borje Salming, le premier joueur suédois à avoir joué en NHL, maintenant il apprécie Peter Forsberg.
Peter a 2 fils, un âgé de 21 ans qui pratique le hockey dans l’équipe d’Uppsala coachée l’année dernière par Hans Baumann et un autre âgé de 25 qui pratique le football comme gardien de but.


Le fait que son fils était dans l’équipe de Hasse lui a permis de beaucoup parler avec ce dernier. Il faut dire que Peter a aussi joué au hockey avec Hasse au début des années 80 jusqu’en 1984, date à laquelle Hasse a déménagé pour Uppsala. Hasse a proposé à Peter de venir à Montpellier. Comme il avait toujours travaillé en Suède, il a trouvé la proposition intéressante. Peter a été contacté officiellement par le club de Montpellier à la mi-mai et a dû prendre une décision rapide. Il en a discuté avec sa femme et a décidé de nous rejoindre malgré les contraintes dues à l’éloignement d’avec sa famille. D’ailleurs sa femme viendra passer quelques jours en septembre et peut être en novembre pour rompre la solitude de l’éloignement. Il profitera aussi de la coupure des fêtes de Noël pour remonter passer cette période avec sa famille.
Peter estime que ce moment est très important pour lui mais aussi pour les joueurs. Ceux-ci sont de diverses nationalités, mais fêtent tous Noël. Il est donc important pour leur moral de pouvoir fêter Noël avec leurs familles. Il faut qu’ils soient bien dans leur tête pour aborder la deuxième phase du championnat :’les playoffs’.
Nous abordons ensuite le problème de la langue. Peter parle anglais avec les joueurs. Il a du suivre des cours pendant l’été car il n’avait pas pratiqué cette langue depuis de nombreuses années. Il parlait anglais quand il était jeune et surtout quand il a été soldat pour les nations unies à Chypre (1978-1979), mais depuis plus du tout, donc le redémarrage est dur. Il va à la bibliothèque pour lire de nombreux ouvrages en anglais afin d’améliorer son vocabulaire, mais le plus important est de parler tous les jours. Il ne pense pas apprendre le français car il trouve la langue difficile à apprendre, il préfère continuer à s’améliorer en anglais qui est compris de tous les joueurs et d’ailleurs leur compréhension va en s’améliorant au cours des semaines.

Il a commencé sa carrière d’entraîneur avec les enfants, dont le sien quand ce dernier a atteint l’âge de 7ans. Il a entraîné les catégories 7 à 15 ans une dizaine d’années puis les juniors, U18, U20, les seniors qu’il a mené de la seconde division à la première division.
Que pense t il des l’équipe des Vipers ? Hasse lui a fait un rapport détaillé sur l’équipe. Il a été agréablement surpris par l’équipe. Il trouve la vitesse et le tempo bons, mais il manque encore de l’organisation. Il pense que c’est un problème français au même titre que d’autres pays comme l’Italie. Il prend comme exemple la Suisse qui, il y a 10 ans, avait le même niveau qu’actuellement la France mais qui est maintenant, selon lui, au 4ème rang mondial. Il faut travailler et être patients. Par contre il nous explique qu’en niveau élite, les équipes suédoises ont peu de joueurs étrangers contrairement aux équipes françaises.

Il va réellement voir le niveau des équipes françaises lors des prochains matchs car il estime avoir trop peu d’expérience avec les 3 matchs amicaux qui se sont déroulés avant la saison. En Suède, avant d’entamer la saison, les équipes font 8 à 10 matchs amicaux. Il programme de bons entraînements avec beaucoup de pratique pour être optimums pour les playoffs. Il va faire progresser les joueurs sur la première partie de la saison.

Que pense t il du physique des joueurs ? Il pense qu’ils sont encore limités physiquement par manque de pratique durant l’été. A partir du début du championnat et après discussion avec le capitaine de l’équipe, Lionel Bilbao, ils ont décidé d’inclure un entraînement physique chaque semaine. Il aimerait aussi bénéficier d’une heure de glace supplémentaire, mais comme pour toutes les catégories et de par la grande fréquentation de Végapolis, il est difficile de trouver des créneaux supplémentaires.
Il trouve que les matchs commencent très tôt en rapport des autres pays européens (en Suède, la saison commence début octobre et il y a 2 à 3 matchs par semaine). Les joueurs, selon son programme, seront mieux dans 2 à 3 semaines. Par contre il les trouve très motivés.

Son expérience avec les matchs amicaux lui font penser qu’il y a une bonne vitesse, mais qu’ils manquent encore de physique et de réflexion dans leurs actions. Il pense que ce manque de jugement provient de l’enseignement même du hockey dès le plus jeune âge. En suède, les jeunes sont initiés dès le plus jeune âge aux tactiques de jeu, il pense que c’est ce qui manque au hockey français pour progresser. De plus, le nombre de pratiquants est très largement supérieur en suède du fait de la présence de très nombreuses patinoires permettant ainsi d’effectuer une plus forte sélection des meilleurs éléments (il y avait en 2005/2006 307 patinoires couvertes et 144 patinoires en plein air, 644 clubs de hockey comportant 2868 équipes). Par exemple, pour sa ville qui comporte 60000 habitants, dans un rayon d’une heure de voiture, on peut trouver 8 patinoires. Le fait que la Suède ait remporté la coupe du monde et la finale des jeux olympiques est une bonne chose pour le hockey suédois, c’est une reconnaissance du travail des entraîneurs. Cela a aussi augmenté le recrutement parmi les jeunes.
Au niveau du recrutement chez les Vipers, il estime que l’équipe devrait comporter quelques joueurs de plus pour pallier à tout manque dû par exemple à une blessure. Pour lui, il faudrait 20 à 22 joueurs avec 2 ou 3 gardiens pour avoir une équipe parée pour la ligue Magnus. Quand on tourne à 16 ou 17 joueurs comme c’est le cas actuellement, la fatigue se fait sentir et le joueur a une baisse de régime après 25 à 30 minutes de jeu. Pour lui ce peut-être un problème.
 Quelle est son impression d’avoir un deuxième championnat qui commence en même temps que le championnat D1 (Coupe de la Ligue) ? Pour lui ce qui est important c’est de pratiquer, donc cette coupe peut être une façon de pouvoir travailler le jeu. Plus il y aura de matchs, plus l’équipe progressera. Il espère donc pouvoir profiter de cette opportunité pour faire jouer son équipe. Gagner contre Gap (2 matchs) permettrait de jouer 2 matchs supplémentaires. Mais il ne faut tout de même pas perdre de vue le championnat D1.
Comment Peter se comporte t il vis à vis des joueurs ? Il a 2 comportements, sur et hors glace. En dehors de la glace, il se comporte en ami, il est à l’écoute des joueurs. Il est important d’avoir de bonnes relations avec les joueurs. Le fait de ne pas avoir de bonnes relations avec les joueurs se ressentira sur la glace :‘si vous n’avez pas de bonne relation avec les joueurs, vous ne gagnez pas le match’. Il parle avec tous les joueurs  même de choses qui n’ont pas à voir avec le hockey, leur coupe de cheveux, les problèmes qu’ils peuvent avoir en dehors du hockey… Il veut qu’ils soient bien dans leur tête et parler des problèmes permet de les évacuer. C’est important qu’ils soient libérés de cela pour bien jouer. Par contre sur la glace il est le coach.
Peter nous confirme la différence de vision du hockey entre le continent européen plus tactique et l’amérique du nord plus physique.
Concernant l’arbitrage, il est trop tôt pour qu’il donne un avis, il n’a pas vu assez de matchs. Sa connaissance du milieu du hockey français va croître avec le déroulement du championnat.

Peter a l’air bien informé de l’ambiance qui règne à Végapolis lors des matchs de championnat et a entendu parler de nos Vippy’s. Il attend de voir la prestation du public et de nos pompom girls. Il ne faudra pas le décevoir lors du premier match à domicile.

Que fait Peter quand il n’est pas à la patinoire ? Il aime pratiquer quelque chose de totalement différent, il aime le golf. Il se vide la tête. Il a amené son matériel de suède. Cela lui permet de se relaxer. Il aimerait pouvoir jouer 3 à 4 fois par semaine.
Il pratique aussi du sport en club. C’est important pour son mental.

Enfin pour finir, sinon l’interview n’en serait pas une, Peter aime les tomates.
Merci Peter de nous avoir accordé votre temps après avoir entraîné l’équipe. Nous vous souhaitons une très bonne saison et RDV est pris pour faire un bilan à la fin de la première phase.

Claudine & Christophe

 

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